vendredi 29 mai 2009

Candide et la princesse de Cl.


Et pour ceux que la concordance des temps n'effraye pas, rendez-vous ici pour assister à la rencontre entre Candide et la princesse...

lundi 15 septembre 2008

La princesse de Clèves s'appelle Junie




Pour en savoir plus sur ce film remarquable, cliquez ici.

mardi 17 juillet 2007

Pour en savoir plus...introduction au roman !

A lire pendant les vacances, avant de relire le roman de Mme de La Fayette ...

Pour acheter en ligne, cliquez ici.

Un roman qui fait polémique

Madame de La Fayette, auteur en son temps d'un best seller, se serait sans doute réjouie des débats (mauvaises querelles ?) qui depuis février 2006 ont défrayé la chronique politico-littéraire du microcosme parisien.
La preuve qu'un roman du XVIIe siècle peut encore parler à notre modernité et devenir le fer de lance de ceux qui croient que la littérature vaut mieux qu'un... blog !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur l'excellent blog de Pierre Assouline "La République des lettres" à la date du 10 novembre 2006 sous le titre choc : "Qui veut tuer la Princesse de Clèves ?"
et à nouveau à la date du 26 juillet 2008 : "Nicolas avait tant souffert sur elle..."

lundi 16 juillet 2007

"Ne pas ressembler aux autres femmes"

« Elle avait donné ses soins à l’éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté, elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable ». Elle lui inculque un idéal : « le bonheur d’une femme qui est d’aimer son mari et d’en être aimée ».
Il s’agit donc avant tout de faire un beau mariage. Mais « elle ne craignit point de donner à sa fille un mari qu’elle ne pût aimer ». Circonstances aggravantes source du drame.
Mademoiselle de Chartres suit les conseils de sa mère et accepte d’épouser Monsieur de Clèves sans l’aimer. La même année, elle doit suivre aussi les conseils de sa mère qui l’instruit des turpitudes et faiblesses qu’apporte la passion.
La princesse de Clèves est donc à la fois une innocente avertie et une femme sincère jusqu’à l’aveu qui va la jeter dans la lutte solitaire contre la passion puisque, pour elle, la prééminence de la vertu l’emporte sur l’amour.

Monde étouffant, monde impitoyable des sentiments les plus violents...

Monde étouffant, monde impitoyable des sentiments les plus violents, derrière le décor du luxe et de la beauté. Dans un tel univers, où le divertissement permanent cache l’obsession de l’ennui et où la comédie des apparences révèle le vide des sentiments, l’amour est dévoyé, incongru et forcément malheureux puisque la seule conduite consiste « à s’élever, à plaire, à servir ou à nuire… ». L’envers de la galanterie dévoile l’ambition, le mensonge, d’affreuses rivalités et de sombres disgrâces.
« Personne n’était tranquille ni indifférent… Il y avait tant d’intérêts et tant de cabales différentes et les dames y avaient tant de part que l’amour était toujours mêlé aux affaires et les affaires à l’amour ».

Madame de La Fayette (1634-1693)




"La Princesse de Clèves", paru sans nom d’auteur en 1678 (chez l’éditeur Claude Barbin), a été attribué à Madame de La Fayette, alors âgée de 45 ans, bien connue dans les milieux littéraires et parisiens.
Si l’on considère aujourd’hui qu’il s’agit d’un ouvrage sans doute plus collectif, (le nom de La Rochefoucauld y est associé), il est néanmoins intéressant de mieux connaître celle qui en a la part la plus importante et qui lui donna sa cohérence sur la longue période de sa conception (1672-1677), mais dont le nom n’apparut sur la couverture qu’en 1780, soit plus de 100 ans après sa parution.





Née le 18 mars 1634 à Paris, Marie-Madeleine Pioche de La Vergne est d’une famille de noblesse récente. Elle grandit dans la haute société et fréquente les salons comme celui de Madame de Rambouillet. Elle approche la famille royale en devenant fille d’honneur de la reine Anne d’Autriche (1651) et se lie d’amitié avec Henriette d’Angleterre qui deviendra l’épouse de Philippe d’Orléans, fréquente Madame de Sévigné (1657) et Madame du Plessis-Guénégaud, à l’hôtel de Nevers.
Son mariage avec le comte de La Fayette (1655) lui apporte deux enfants, mais le lien se distend peu à peu avec ce mari de dix-huit ans son aîné qui finit par retourner dans ses terres auvergnates.
Autour d’elle, à son hôtel de la rue de Vaugirard, un cercle de lettrés se réunit avec Ménage, Huet (auteur du Traité de l’origine des romans), Segrais (auteur des Nouvelles Françaises et des Divertissements de la princesse Aurélie) et bientôt François VI, duc de La Rochefoucauld (1613-1680), célèbre auteur des Réflexions ou sentences et Maximes morales (1662-1662) avec lequel elle noue une amitié qui durera jusqu’à sa mort en 1680.
Elle participe aux fêtes de la cour, assiste à celles données par son ami Nicolas Foucquet à Vaux-le-Vicomte en 1661, puis à celles que donnera Louis XIV à Versailles (1669) et peut véritablement être considérée comme une « personne considérable » (Le Mercure Galant en 1693).





Veuve depuis 1683, elle décède le 25 mai 1693, à l’âge de 59 ans. La fin de sa vie est marquée par une pratique religieuse forte liée à des rencontres, avec l’abbé de Rancé (1686) avec qui elle échange de nombreuses lettres ou avec M. du Guet, janséniste qu’elle prend comme directeur de conscience.
Son œuvre littéraire est variée et souvent anonyme :
- La Princesse de Montpensier, nouvelle écrite en 1662 avec Ménage, évoque déjà la vie d’une princesse au XVIe siècle qui mal mariée sème autour d’elle mort et désespoir.
- Zaïde, roman publié avec Segrais où elle décrit un amour violent poussé par la jalousie.
- Histoire de la vie d’Henriette d’Angleterre (qui sera publiée en 1720) où elle peint les passions et les rivalités amoureuses de la cour
- La Princesse de Clèves, qui est donc son troisième roman publié de son vivant
- La Comtesse de Tende (publié en 1724), reprise du précédent
- Mémoires de la cour de France pour les années 1688 et 1689 (qui ne seront imprimées qu’en 1731).
Extrêmement cultivée Madame de La Fayette se situe parmi les personnages les plus lettrés de son temps : lecture, poésie, latin, italien, elle a aussi dévoré la littérature de son siècle, en particulier les grandes fresques pastorales et sentimentales comme les douze volumes de l’Astrée d’Honoré d’Urfé (1610-1629), les dix tomes et quatorze mille pages d’Artamène ou le Grand Cyrus dédiées à la duchesse de Longueville par Madeleine et Georges de Scudéry (1649-1653), récit épique fait de guerres, d’enlèvements, de duels et d’amours malheureuses, où le duc d’Enghien, futur Grand Condé a prêté ses traits à la figure du prince idéal. Elle lit aussi les dix mille pages de Clélie avec sa fameuse carte du tendre (1654) qui développe une nouvelle géographie que l’on peut qualifier de « géographie amoureuse ».
Elle en garde le goût de l’héroïsme mais abandonne le merveilleux (fantômes, visions, intervention du surnaturel) et les effets excessifs des rebondissements interminables dus aux enlèvements, fuites etc… le tout sur fond d’amour chevaleresque et platonique.
Elle introduit à l’inverse dans ses propres romans le sens du vrai et de la lucidité renforcée par son analyse de la société. La comédie humaine qu’elle décrit est celle d’un bonheur impossible où l’amour est un sentiment maudit et où Dieu ne peut ni dicter à l’homme sa conduite ni l’entraîner vers le salut éternel.